Hervé Beau, auteur-réalisateur
Avant de filmer,
j’ai appris à regarder.


Mon premier maître d’apprentissage m’a appris à écouter la matière et à adapter mon geste à ce qu’elle me donnait. Je retrouve quelque chose de cette leçon lorsque je fais un film.
J’ai commencé par la maroquinerie, chez les Compagnons du Devoir. Puis sont venus les arts appliqués, la communication visuelle, les premiers tournages et l’anthropologie visuelle. J’ai vécu et travaillé dans des milieux dont je n’étais pas issu. Cela m’a appris à regarder autrement, et à laisser mes premières idées être déplacées par les autres.
Le cinéma était déjà là, depuis longtemps. J’en ai appris la pratique sur le terrain, caméra en main. Les études en anthropologie visuelle m’ont donné un cadre pour approfondir ce que je cherchais : comprendre le point de vue de l’autre et trouver comment le partager.
Je suis parti vivre un an à Venise, sans connaître la langue, avec ma caméra. Plus tard, la confiance du compositeur Didier Squiban m’a permis de m’engager dans le documentaire Baradoz, histoire de la symphonie du Ponant.
Aujourd’hui, je mets ce parcours au service de films de commande, tout en poursuivant l’écriture de mes projets de fiction.